Paul Courcelle, Résistant Longiprate
ParZembla-80
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ToggleCOURCELLE Paul, Louis, Robert
Pseudonyme dans la Résistance : Serge PAUL
Né le 7 mars 1914 à L’Etoile (Somme), exécuté sommairement dans la nuit du 28 au 29 août 1944 au bois de Gentelles à Boves (Somme) ; cimentier ; résistant au sein des Francs-tireurs et partisans.
Fils de Camille, domestique de ferme et de Marie née Maréchal, servante, Paul Courcelle épousa Yolande Fontaine le 31 octobre 1936 à Longpré-les-Corps-Saints (Somme). Le couple qui eut deux fils et deux filles résidait 216 cité Leclercq à Longpré-les-Corps-Saints où Paul Courcelle travaillait dans une cimenterie.
Être résistant, une lutte journalière.
En décembre 1942, Paul Courcelle s’engagea dans la Résistance sous le pseudonyme de « Serge Paul ». Il intégra le groupe dirigé par René Pastol de la deuxième compagnie FTP de la Somme. (Voir le cadre à droite).
Ses faits d'armes : 22 actions de résistance
Le 14 février 1943, il prit part au sabotage de la voie ferrée à Wavans (Pas-de-Calais) ; deux jours plus tard, à celui sur la ligne Paris-Calais à Fontaine-sur-Somme (Somme). Le 4 mars 1943, toujours à Fontaine-sur-Somme, un sabotage provoqua le déraillement d’un train transportant du charbon. Le 10 mars 1943, un autre sabotage ferroviaire fut effectué à Thézy-Glimont (Somme). Le 17 mars 1943, Paul Courcelle sabota la voie ferrée à Hangest-sur-Somme (Somme) avec 19 camarades.
Le 17 avril 1943, il participa à la destruction de lignes téléphoniques entre Candas (Somme) et Doullens (Somme) et, le 20 mai 1943, à celle de lignes téléphoniques entre Wavans et Auxi-le-Château (Pas-de-Calais). Le premier juin 1943, avec un autre résistant, il détruisit complètement un transformateur à Coulonvillers (Somme). Le 11 juillet 1943, il sabota la voie ferrée sur la ligne Paris-Tergnier à Villers-Bretonneux (Somme). Le 3 septembre 1943, il fit dérailler un train transportant du charbon à Montrelet (Somme). Le 13 septembre 1943, il coupa la ligne téléphonique Fransu-Domart (Somme). Le 7 octobre 1943, il endommagea deux locomotives à Auxi-le-Château. Le 10 novembre 1943, l’acte de sabotage réalisé à la gare de Conteville (Somme) fit dérailler trois wagons. Le 17 décembre 1943, une bétonneuse et une pelleteuse furent mis hors d’usage à Maizicourt (Somme).
Les 18 et 20 janvier 1944, Paul Courcelle prit part à deux sabotages de lignes téléphoniques, d’abord à Bernâtre (Somme) puis à Saint-Riquier (Somme) et, le 28 janvier 1944, à la destruction d’un dépôt de carburant à Saint-Riquier. Le 14 février 1944, les lignes téléphoniques de Bussus-Bussuel (Somme) furent sabotées. Le 19 mars 1944, le déraillement à Montrelet d’un train transportant du charbon entraîna la destruction de quatre wagons. Le 29 mai 1944, six dynamos du camp allemand de Cramont (Somme) furent détruites. Le 15 juin 1944, Paul Courcelle ôta des plaques indicatrices sur la route Frévent-Doullens. Le 20 juin 1944, le sabotage de la voie ferrée à Oneux (Somme) fit dérailler deux machines. Le 2 juillet 1944, un char Tigre fut détruit à Auxi-le-Château. La dernière action de Paul Courcelle fut individuelle : le 27 juillet 1944, il sabota des fûts d’huile avec du sable à Auxi-le-Château.
PASTOL René, Maurice, Léon. Pseudonyme Olive. Son chef de groupe FTP
Au cours de la Seconde Guerre mondiale, la famille Pastol résidait à Beauvoir-Rivière (Somme). René Pastol travaillait comme électricien à la Compagnie générale d’entreprises électriques spécialisée dans l’électricité haute tension.
En janvier 1943, René Pastol rejoignit la deuxième compagnie FTP de la Somme, sous le pseudonyme de « Olive ». Il prit part à de nombreuses actions contre l’ennemi. En juin 1943, il récupéra des armes à Doullens (Somme). En août et septembre 1943, il attaqua à plusieurs reprises des convois allemands sur la route Bernaville-Amiens (Somme). Il participa à des sabotages de voies ferrées dont l’un à Achiet (Pas-de-Calais) en mai 1944, à des sabotages de lignes électriques et téléphoniques et à des attaques de rampes de lancement de V1 dans les secteurs de Vignacourt (Somme) et de Bernaville.
Sa femme le soutenait dans son action. Le couple Pastol ravitaillait des résistants, cachait des armes sous un toit de leur maison et dans une petite chapelle voisine et hébergeait des résistants.
René et Odette Pastol furent dénoncés. Le premier août 1944, alors que René Pastol était absent du village, des membres de la Gestapo arrivèrent à Beauvoir-Rivière pour les arrêter. Odette Pastol parvint à se cacher avec ses deux enfants chez un autre résistant du village. Les Allemands pénétrèrent dans leur maison et la fouillèrent. Ils y arrêtèrent Paul Courcelle qui, traqué, s’était réfugié chez les Pastol.
René Pastol et sa famille quittèrent Beauvoir-Rivière pour l’est du département de la Somme. Le 17 août 1944, à 5 heures, la Gestapo surgit au café « Le Chant des oiseaux » à Fouilloy (Somme). Odette Pastol et ses enfants furent immédiatement arrêtés. Vers 16 heures, René Pastol entra dans le café et fut arrêté à son tour. Il fut interné à la citadelle d’Amiens jusqu’à la nuit du 28 au 29 août 1944. Cette nuit-là, il fut emmené avec 17 autres détenus de la citadelle au bois de Gentelles. Tous furent exécutés à coups de mitraillette.
Le 13 septembre 1944, Odette Pastol identifia le corps de son mari à la morgue du Nouvel hôpital d’Amiens. Elle le fit transférer à Beauvoir-Rivière où il fut inhumé.
René Pastol reçut la mention « Mort pour la France » le 19 décembre 1944.
Son nom figure sur le monument commémoratif des fusillés du bois de Gentelles. Son nom figure sur le Mémorial de la Résistance (ancienne prison) à Saint-Lô (Manche) ainsi que sur le monument Marland à Granville (remparts de la Haute-ville) et à l’intérieur de l’église Saint-Paul à Granville.
Malgré l'arrivé des alliées, la fin est proche
Les membres de la deuxième compagnie FTP de la Somme furent dénoncés à la Gestapo.
Le premier août 1944, alors que René Pastol était absent du village, des membres de la Gestapo arrivèrent à Beauvoir-Rivière pour les arrêter. Odette Pastol parvint à se cacher avec ses deux enfants chez un autre résistant du village. Les Allemands pénétrèrent dans leur maison et la fouillèrent. Ils y arrêtèrent Paul Courcelle qui, traqué, s’était réfugié chez les Pastol.
René Pastol et sa famille quittèrent Beauvoir-Rivière pour l’est du département de la Somme. Le 17 août 1944, à 5 heures, la Gestapo surgit au café « Le Chant des oiseaux » à Fouilloy (Somme). Odette Pastol et ses enfants furent immédiatement arrêtés. Vers 16 heures, René Pastol entra dans le café et fut arrêté à son tour.
Paul Courcelle se réfugia chez René Pastol à Beauvoir-Rivière (Pas-de-Calais) où il fut arrêté le premier août 1944. Incarcéré à la citadelle d’Amiens (Somme), il parvint à transmettre un message manuscrit à sa femme dans lequel il lui écrivit qu’il avait été violemment battu. Dans la nuit du 28 au 29 août 1944, Paul Courcelle fut emmené avec 17 autres détenus de la citadelle au bois de Gentelles à Boves et fusillé.
Son corps fut identifié par son épouse le 13 septembre 1944 et inhumé dans le caveau familial à Longpré-les-Corps-Saints.
Paul Courcelle reçut la mention « Mort pour la France » le 27 juin 1945. Son nom figure sur le monument commémoratif des fusillés de Gentelles.
La municipalité de Longpré-les-Corps-Saints déposa une plaque commémorative sur sa tombe le premier septembre 1945.
SOURCES : SHD Vincennes 16 P 147 160 — Femmes de Picardie, 11 décembre 1945 — Les Fusillés de Gentelles, Association Villers-Bretonneux Mémoire, 2007, DVD La Résistance dans la Somme AERI 80, 2018 — Etat-civil.
Les événements de Gentelles
Dans la nuit du 28 au 29 août 1944, Paul Courcelle fut emmené avec 17 autres détenus de la citadelle au bois de Gentelles à Boves et fusillé.
Article de Picardie Nouvelle (mardi 12 septembre 1944) concernant la découverte de 26 corps au bois de Gentelles :
La découverte du charnier du bois de Gentelles, le vendredi 8 septembre 1944, qui s’ajoute à de nombreuses autres exactions allemandes, suscite de vives réactions de dégoût de la part de la population picarde. Pour débuter son article, le journaliste de Picardie Nouvelle, dans son édition du mardi 12 septembre suivant, se lance dans une diatribe et se laisse submerger par de virulents sentiments anti-allemands, compréhensibles dans l’état d’esprit de l’époque mais inutiles de rappeler ici près de quatre-vingts ans après les faits.
AU BOIS DE GENTELLES
Dans des sapes de la guerre 1914-1918 on découvre 26 corps de Français assassinés par les Allemands
« Cette fois, se sont des civils qui ont été assassinés et qui sont morts après avoir été achevés à coups de crosse de fusil. Les constatations sont là, indiscutables.
Il s’agissait, selon toute vraisemblance,de civils français, de ceux qu’on appelait des « terroristes » et qui étaient que de vaillants patriotes… Mais pouvaient-ils attendre mieux des Boches ? Bousculés et sans cesse harcelés par les Alliés et les F.F.I. nos oppresseurs devaient se résoudre à quitter Amiens à brève échéance.
Dans la nuit – vraisemblablement celle du lundi 28 au mardi 29 août – pressés par la marche des événements, ils se trouvèrent dans l’obligation d’évacuer une partie de leurs prisonniers politiques. Ils procédèrent donc à cette opération, mais, en cours de route, à coups de mitraillette, ils exécutèrent leurs victimes à l’orée d’un bois – elles étaient dix-huit – les achevant à coups de crosse de fusil.
Les assassins connaissaient bien l’endroit. Ils savaient qu’il y existait des sapes datant de l’ancienne guerre et ils y entassèrent les cadavres. Ils tentèrent alors de faire disparaître les traces de leur forfait en jetant de la terre sur les flaques de sang et en s’efforçant de combler l’entrée de la cagna.
Ce n’était pas la première fois que les criminels procédaient ainsi puisque, dans une cagna voisine, on devait retrouver huit autres corps qui y avaient été cachés, semble-t-il, quelques semaines auparavant.
Une odeur suffocante
Les F.F.I. de Boves, Gentelles et Villers-Bretonneux, dont l’action avait été particulièrement importante, aussi bien avant la libération qu’à l’occasion du départ des Boches, avaient procédé vendredi dernier à des battues en vue de s’emparer des ennemis pouvant encore se trouver dans la région.
Vers 18 heures, sous le commandement du chef Lefèvre, commandant la brigade de gendarmerie de Boves, ils fouillaient le bois de Gentelles. le lieutenant Laurent – un brave que les F.F.I. de Boves abritaient depuis le 11 août dernier, date à laquelle il avait été parachuté – arrivait avec un groupe d’hommes à la lisière du bois en direction de la Grenouillière lorsqu’il sentit une insupportable odeur cadavérique.
Il crut tout d’abord à la présence du cadavre d’un quelconque animal. Mais il se rendit rapidement compte qu’il s’agissait de tout autre chose.
Les F.F.I. qui l’accompagnaient et qui connaissaient bien cette partie du bois, purent remarquer que les entrées de deux sapes -vestiges de la guerre 14-18 – avaient été presque complètement bouchées et ce, tout récemment. Dans la partir haute de l’une et l’autre cagnas, subsistait une petite ouverture d’où s’échappait l’intolérable odeur.
La lueur d’une lampe électrique permit d’apercevoir un soulier à l’intérieur d’une des cagnas. Il n’y avait pas de doute : un corps humain, pour le moins, gisait à cet endroit.
Un examen plus poussé permit de constater qu’il ne s’agissait pas d’un corps, mais de plusieurs. Même constatation pour l’autre sape. De plus, devant l’une des cagnas – celle où l’odeur était la plus forte, on découvrit de larges traces de sang et, auprès d’elles, des douilles de mitraillette. On découvrit également un papier de boucherie portant, écrit au crayon, le nom de Blancherd.
Les autorités furent prévenues et le capitaine Fortin, commandant les brigades de gendarmerie de l’arrondissement d’Amiens, se rendit à Gentelles : il n’y avait aucun doute, on se trouvait en présence d’un charnier et d’un charnier ne datant que de quelques jours.
Plusieurs habitants de Gentelles se souvinrent d’avoir entendu, peu de jours auparavant, des coups de feu et des rafales de mitraillette. M. René Lesage, fils du maire de Cachy, qui s’était réfugié à Gentelles avec ses chevaux pour échapper à la réquisition, avait entendu, dans la soirée du 25 août, des coups de feu en provenance du bois.
M. Lenne, instituteur et secrétaire de mairie de Gentelles, avait été interpellé dans la matinée du mardi 29 août par l’officier allemands stationné dans la commune, qui lui avait dit :
– Monsieur, il y a des francs-tireurs à Gentelles. Hier soir, vers 11 h. 30, on a tiré des rafles de mitraillette dans le bois. Si cela recommence, je serai impitoyable avec la population. Je prendrai des otages, vous le premier. Faites bien attention !
De plus, le 31 août au matin, deux F.F.I. de Gentelles, MM. Raymond Drouard et Etienne Pillot, qui étaient à la recherche d’armes, passaient aux abords des cagnas lorsqu’ils aperçurent deux soldats allemands. Il s’agissait des occupants d’une chenillette culbutée au bord de la route et qui les firent partir en les menaçant de revolvers. S’agissait-il là des deux assassins revenus sur les lieux de leur forfait ?
Les recherches commencent
Des mesures avaient été prises pour l’ouverture du charnier. Cependant à Amiens, M. Fauconnet, commissaire central et M. Leclercq, officier de paix commandant le corps urbain des gardiens de la paix, qui enquêtaient depuis plusieurs jours pour retrouver les traces de M. Blanchard et du commandant Desfontaine, leurs amis de la Résistance, arrêtés par les Boches le 25 août dans des circonstances sur lesquelles il faudra bien que la lumière soit faite un jour, avaient appris la découverte du charnier et la présence du papier de boucherie portant le nom « Blanchard ». Ce fait avait provoqué chez eux une grande inquiétude.
Ils se rendirent donc à Gentelles et, dès lundi matin, les fouilles commençaient. Elles allaient être faites par des prisonniers allemands – un lieutenant, quatre adjudants-chefs, trois sergents-chefs et deux sous-officiers – et menées très rapidement.
Huit corps dans la première cagnas
La première, la cagna située le plus près de la route, fut dégagée. Plusieurs corps se trouvaient à l’intérieur. Avec précautions ils furent retirés et examinés par le Dr Machoire. La tâche du praticien devait durer plusieurs heures et à mesure que les corps étaient sortis, ils étaient examinés minutieusement par le docteur qui constatait les blessures et procédait à la fouille. Les malheureuses victimes avaient été tuées à coups de mitraillettes et l’état des crânes ne laissait aucun doute sur le fait qu’elles avaient été achevées à coups de crosse.
Toutes les victimes étaient démunies de papiers d’identité. Dans les poches, on retrouva divers objets et quelques papiers qui permettront peut-être l’identification. Sur l’un des corps, on découvrit notamment un morceau de papier d’emballage de la Belle Indienne, portant le nom de Mme Martini, 128, rue Delpech, à Amiens. Sur un autre corps on trouva un morceau d’un journal amiénois du 1er mai 1944. Au revers du veston d’une des victimes était épinglé un insigne de société sportive aux couleurs verte et blanche et sur laquelle on remarquait un plongeur et les initiales S.C.R.
Huit corps furent ainsi retirés et placés dans des cercueils qu’on avait fait venir d’Amiens.
Dix-huit dans la deuxième
Pendant ce temps, les travaux de déblaiement de la deuxième cagna se poursuivaient rapidement. Les corps furent mis à jour. Ils paraissaient avoir séjourné moins longtemps sous terre, mais ils étaient dans un état de décomposition extrême.
Un à un les corps furent alignés sur l’herbe. Lorsque l’opération fut terminée, on en compta dix-huit dont un de femme. Comme les huit autres, tous avaient reçu des balles de mitraillette et comme eux ils portaient des traces de coups de crosse. Sur un grand nombre de cadavres, le docteur Machoire releva des indices qui permettent d’affirmer que les malheureux ont été torturés. C’est ainsi que les ongles de main ont été arrachés.
En raison de l’état des corps, il ne fut pas possible de déceler leurs traits, cependant on a la certitude que ni M. Blanchard ni le commandant Desfontaine ne se trouvent parmi les 26 corps déterrés.
Deux victimes sont identifiées
Le bruit de la découverte du charnier s’était bien vite répandu à Amiens aussi, avec des moyens de locomotion divers, plusieurs Amiénois à la recherche d’un parent arrêté par les Boches, se rendirent-ils à Gentelles. C’est ainsi que M. René Cauchetiez put reconnaître dans l’un des corps celui de son beau-frère M. Alfred Roger, 30 ans, employé à la S.N.C.F. arrêté par les Allemands le 22 août dernier avec cinq autres personnes aux environs de la route de Flesselles (quatre de ces personnes furent remises en liberté deux jours plus tard).
Dans la journée, le corps de M. Marcel Delamotte, 21 ans, demeurant à Villers-Bretonneux, était également reconnu.
Les corps sont déposés à la morgue d’Amiens.
Dans le courant de l’après-midi, tous les corps dégagés des deux cagnas étaient placés dans des cercueils et, dans la soirée, les pompiers d’Amiens les transportaient à la morgue du Nouvel Hôpital. Auparavant M. Marc Boucher, du service anthropométrique, avait relevé les empreintes et photographié les corps, opérations destinées à faciliter l’identification des victimes.
Un condamné à mort qui l'a échappé belle !
« Parmi les F.F.I. qui, avec les gendarmerie de Boves, assuraient le service d’ordre pendant les travaux de recherche, figurait un sujet belge, M. Louis Félicien, âgé de 26 ans, originaire de Boissus-Bois, et qui demeurait à Longueau avant son arrestation par les Boches.
Cette arrestation eut lieu vers le début du mois d’août. M. Louis avait donné asile à des déserteurs allemands et leur avait procuré de faux papiers d’identité. Après avoir été interrogé et maltraité par la Gestapo dans ses installations de la rue Jeanne-d’Arc, il fut condamné à mort par le conseil de guerre. Il était emprisonné à la citadelle dans la cellule 28.
Le dimanche 27, vers 7 heures, 11 détenus pris dans les diverses cellules, fut emmené par la Gestapo pour une destination inconnue. Le lendemain eut lieu un départ de treize détenus et le mardi dix autres furent emmenés.
Louis était demeuré seul dans sa cellule. On avait dû l’oublier, car, dans l’après-midi de mardi, vers 17 heures, la porte s’ouvrit et son gardien – un soldat allemand estropié d’une jambe – ouvrit la porte et lui cria :
– Vous partir tout de suite à la maison !
Louis, surpris mais heureux, ne demanda pas son reste et, sans même prendre le temps de lacer ses souliers, obéit à l’injonction de son gardien. Il se rendit à la Gestapo, rue Jeanne-d’Arc, pour y demander ses papiers d’identité et son argent, mais les occupants étaient déjà partis en emportant papiers et argent…

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