Dessin de l'ancienne gare de Longpré par de Lebihan en 1865
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L’ancienne gare à Longpré

La diligence de Paris à Calais en 1776

De nos jours, il est utile pour voyager d’utiliser un guide. Au temps des diligences, nos aïeux devaient, de même, se renseigner sur les routes, les villes à visiter, les villages, les points de vue intéressants, et sur les relais de poste.
La diligence de Paris à Calais en 1776

Elle part de Paris la nuit du lundi au mardi et la nuit du jeudi au vendredi, à minuit. Celle-ci « va coucher à Amiens et dîner le lendemain à Abbeville ». Le samedi coucher à Montreuil. Arrivée à Calais le dimanche sur les dix à onze heures du matin. Chaque place coûte 53 livres 12 sols, et dans le cabriolet 31 livres 10 sols. Le droit des paquets est de 3 sols 6 deniers par livre. Le guide indique les horaires aller et retour, mais les relais ne sont pas mentionnés.
Suit en 70 pages la « description historique et topographique de la route de Paris à Calais ».
Voici par exemple ce que peut voir le voyageur, aux environs de Nampont :
… « Un peu avant d’être au moulin de Nampont, il y a la ferme du Ménage, et à gauche le chemin de Fresne, hameau et château ; Pont à Collines est à une demie-lieue plus loin. Suivez un peu avant d’être au moulin de Nampont, remarquez aussi à une demie lieue à gauche les arbres du château de Fresne. Etant vis-à-vis le moulin,
examinez Nampont-Saint-Martin dans le bas, devant vous, et de l’autre côté de la rivière, Nampont-Saint-Firmin à la droite, et vis-à-vis le moulin, voyez le village de Montigny et plus loin celui de Roussent, de l’autre côté de la rivière d’Authie, en la remontant : l’on aperçoit le village et le prieuré de Maintenay à une lieue et demie. Valloires, prieuré est auprès ; derrière le bois, à la gauche de Nampont-Saint-Firmin, remarquez Noyelles, et dans une gorge, un peu au-dessus, le village de Tigny dans les arbres. Le clocher que l’on voit en ligne directe sur Fresne est celui de Quend (…)
Entrez dans Nampont-Saint-Martin. Arrivez vis-à-vis de la porte qui fait face à la route, tournez à droite et à gauche en côtoyant la maison de la poste, l’église de cet endroit est à droite, elle est succursale de Montigny. (…)
Tournez à gauche et à droite ; passez sur un petit pont construit sur un ruisseau qui vient de Montigny ; examinez de beaux saules qui bordent la route et de belles prairies à droite et à gauche ; l’on exploite des tourbes dans tous ces environs. (…) la rivière d’Authie vient de Doullens. Passez sur le pont qui sépare les deux villages ; le flux de la mer se fait sentir jusqu’à cet endroit… » et la route continue jusqu’à Calais…

Extrait de Le Conducteur français, édition de 1776

L'ancienne gare est la première gare de Longpré

La ville de Longpré les Corps Saints a connu un essor considérable grâce à l’arrivée du chemin de fer, le commerce qui était auparavant restreint à la région proche a pu s’ouvrir d’une manière nationale voire internationale.
Le développement du tourisme qui bien que réservé à une certaine couche de la population s’est quant à lui
ouvert que bien plus tard, ce mode de transport était surtout utilisé pour les déplacements professionnels
(démarcheurs, marchands ambulants, marchandises industrielles).
L’arrivée du chemin de fer à Longpré à sans doute été un grand moment dans la vie de la communauté, et je peux dire sans me tromper que son intérêt dans la vie de tous les jours ne s’est peut être pas fait sentir dans les mois ou les années qui ont suivi mais que indéniablement il a aidés à faire de Longpré une ville commerçante.

La première gare de Longpré fut construite vers 1845 et ouverte le 15 mars 1847, elle se trouvait à l’ouest du village qui aujourd’hui est le chemin des marais, on peut toujours voir le bâtiment qui servait de gare et qui
aujourd’hui est utilisé par la municipalité.

Plan cadastral ancien du quartier de l'ancienne gare, vers 1880.
Plan cadastral ancien du quartier de l'ancienne gare, vers 1880

Mais où était donc cette gare ?

Carte postale ancienne de Longpré les Corps saints dans les années 1950.
Carte postale ancienne de Longpré les Corps saints dans les années 1950.

Sur la photo du haut, qui est une carte postale prise dans les années 1950, on peut d’ailleurs voir que la ville est encore en reconstruction, je vous ai indiqué par une flèche l’endroit ou se trouve l’ancienne gare.

L'ancienne gare en 1957.
L'ancienne gare en 1957.
Comme vous pouvez le voir sur l’agrandissement de cette partie de la photo, l’ancienne gare est pratiquement intacte, la partie de construction de l’autre côté de la voie est intacte, et si je me souviens bien, cette partie à été détruite en début des années 1980, elle était en très mauvais état et risquait de s’écrouler.
L'ancienne gare de Longpré en février 2006, Photo Eric-Adrien Bailly.
L'ancienne gare de Longpré en février 2006, Photo Eric-Adrien Bailly.
L'ancienne gare après son rachat par la commune

Le quartier de l'ancienne gare

Rue allant vers l'église, ou rue des Patissiers
Rue de l'ancienne gare, au coin rue de Patissiers

La rue qui menait à la gare portait le nom de Rue aux vaches, ce nom provient du fait que les troupeaux de vaches allaient paître dans les prés et passaient par cette rue, elle est devenue ensuite rue de l’ancienne gare, puis rue des
Pâtissiers. Ne subsiste aujourd’hui en rue de l’ancienne gare que la portion qui descend vers la ferme Jourdain, vers les marais.

Aujourd'hui, rue de l'ancienne gare et ensuite rue des Patissiers
Aprés le passage à niveau, vers le marais, aujourd'hui la Ferme Jourdain, cet endroit s'appelait " La plate Chasse ", Voyez le marronier et sa croix de mission.
La 1ére gare de Longpré d'après Le Bihan 1865, Bibliothèque d'Abbeville. Imaginez que vous êtres sur le passage à niveaux et que vous regardez vers la gare actuelle...

Compagnie des chemins de fer de Boulogne à Calais.

La Compagnie du chemin de fer d’Amiens à Boulogne a été créée le 29 Mai 1845 par Mr Blount et Mr Laffitte. La première assemblée générale des actionnaires a lieu le 23 novembre 1845.

Il y est notamment précisé : que la société dispose de fonds importants qui n’ont pas été utilisés car
l’approbation ministérielle des plans définitifs n’est pas encore arrivée. La compagnie prévoit d’avoir à
débourser des sommes importantes pour l’achat des terrains, les acomptes des entrepreneurs des travaux,
les fournisseurs des rails, machines et voitures ; que des négociations ont lieu avec la Compagnie des
chemins de fer du Nord pour la future exploitation de la ligne. L’ingénieur en chef, Pierre-Dominique
Bazaine, présente la situation des travaux et le programme de la prochaine campagne : les marchés ont été
signés avec des entrepreneurs locaux qui ont montré leurs capacités dans la construction du chemin de fer
du Nord ; il est prévu une possible livraison au service dans un an de la première section d’Amiens à
Abbeville ; la ligne doit alors être construite jusqu’à Étaples mais avec une lacune au point de traversée des
fortifications d’Amiens qui doit être réalisé par le génie militaire ; la totalité de la ligne, réduisant à seize
heures la durée du trajet entre Londres et Paris, est prévue pour le printemps 1847.
• -20 juin 1846 : ouverture de Longueau à Amiens, embranchement de la ligne de Paris-Nord à Lille (5 km).
• -15 mars 1847 : ouverture d’Amiens à Abbeville (44 km).
• -21 décembre 1847 : ouverture d’Abbeville à Neufchâtel (65 km).
• -17 avril 1848 : ouverture de Neufchâtel à Boulogne-Ville (14 km).

1845 Stephenson 'long-boiler' Model de locomotive circulant sur le réseau
1845 Stephenson 'long boiler' Model de locomotive circulant sur le réseau. Ses locomotives à vapeur furent d'abord d'un vert éclatant à filets rouges, puis reçurent la fameuse livrée chocolat à filets jaunes.
Cette grande ligne vers l'Angleterre, la ligne Paris - Calais va voir circuler des trains mythiques, tels que La Flèche d'or, Le Train bleu ou le Venise-Simplon-Orient-Express.
Logo chemin de fer du nord
M.Loves
Ingénieur

La petite compagnie « Amiens-Boulogne » n’avait pas, malgré ses compétences, la possibilité de rivaliser avec la puissante Compagnie du Nord qui, en dépit d’un trajet plus long, offrait, aux passagers Anglais pour Paris, des tarifs plus avantageux et un temps de parcours moindre. La fusion devenait inévitable; elle eut lieu le 19 février 1852.
L’espoir de construction de la ligne Boulogne-Calais renaissait mais la Compagnie du Nord hésitait à réclamer la concession d’une ligne qui présentait un tracé aussi difficile et sur laquelle la population était peu nombreuse.
Sur l’insistance du « General Post Office » britannique, qui menaçait de ne plus transporter la fameuse « Malle des Indes » par Calais si un trajet plus court n’était pas trouvé, une démarche officielle fut effectuée en 1856.
La concession de la ligne Boulogne-Calais fut accordée, à la Compagnie du Nord, le 26 juin 1857.
Il fallut attendre encore deux ans, et l’intervention des frères Pinart de Marquise qui désiraient relier leurs usines à la voie ferrée, pour que la Compagnie se décide à étudier des projets de tracé. De nombreux projets virent le jour. Par exemple, les élus de Guînes, conscients de l’importance du rail dans le développement des villes, défendaient plusieurs projets qui leur donnaient une station. Parmi ceux-ci, les deux seuls qui furent étudiés par la Compagnie du Nord offraient malheureusement des pentes allant jusqu’à 15 mm/m pour rejoindre Caffiers, alors que le maximum admis n’était que de 8 mm/m: ils ne furent donc pas retenus.

Voir les pages de « LA CONSTRUCTION DE LA LIGNE DE CHEMIN DE FER DE BOULOGNE A CALAIS « 

Compagnie des Chemins de fer du Nord.

La compagnie des chemins de fer du Nord, compagnie Française, a été créée le 20 Septembre 1845 par le
banquier James de Rothschild, Mr Hottinguer et Mr Blount. Elle faisait suite à la concession par l’État des
lignes Paris-frontière Belge par Lille et Valenciennes et des embranchements vers Dunkerque et Calais le 10 septembre 1845.
Créée pour assurer le trafic vers la région Nord en particulier vers les régions minières, la Belgique et la
Grande-Bretagne, la première ligne joindra, dès 1846, Paris à Douai et Lille.
Le réseau sera vite étendu vers Valenciennes, Gand, Amiens et Boulogne par absorption des autres compagnies présentes dans la région, (Picardie et Flandres, Nord-Est, Lille à Béthune, Lille à Valenciennes,
etc.)

Affiche publicitaire de la ligne Paris-Calais via Boulogne.
Affiche publicitaire Paris-Londre
Affiche publicitaire de la ligne Paris-Calais via Boulogne pour Londre.
Affiche publicitaire de la ligne Paris-Calais via Boulogne pour Londre.
Une voiture de l'Orient-Express.
La flèche d'or en 1963
Petiet - A3A
La ligne Amiens - Boulogne en 1853

La ligne à vécu ses plus belle années

Ayant connu une période des plus faste durant des décennies avec le trafic international franco-anglais traité par les ports de Boulogne et Calais, justifiant des trains rapides de prestige (Malle-des-Indes, Bombay-Express, Flèche-d’Or, Calais-Méditérranée-Express), l’ou­verture du lien fixe transmanche en mai 1994 a mis un terme aux circulations internationales assurées par TGV et reportées par la LGV Nord Europe via Lille.
Depuis le tronçon septentrional Amiens – Calais (164 km) souvent désigné ligne de la Côte faisant l’objet d’un raccourci historique sur l’évolution de son exploitation au fil du temps, a été quelque peu délaissé, n’étant plus parcouru que par quelques express reclassés IC puis des TER Hauts-de-France, limités au trajet Paris – Boulogne (254 km). Au service 2019, cinq fréquences étaient prévues les jours ouvrables de base et les samedis (quatre les dimanches et fêtes) avec des temps de parcours oscillant entre 2 heures 43 et 2 heures 57.
Le renouvellement du matériel en service sur la relation Paris – Boulogne va mettre en jeu 10 rames Régiolis B 84500 hybrides bicourant-thermiques à six caisses aptes à 160 km/h, commandées par la SNCF (B 84701/84702-84717/84718) offrant 269 places assises dont 35 en première. Arborant une livrée gris, bleu et vert, les premières livraisons ont eu lieu fin avril 2019 à SPI avec les 84701/84702-84705/84706, permettant leur utilisation progressive à la place des rames tractées. Huit éléments ayant été livrés en juillet, une des fréquences a été prolongée à Calais selon l’horaire accéléré suivant :
– 2005 Paris-Nord 7 h 31 – Boulo­gne 10 h 06 – Calais-Ville 10 h 35 ;
– 2022 Calais-Ville 12 h 46 – Boulogne 13 h 11 – Paris-Nord 15 h 29.
Au 15 décembre la nouvelle trame non augmentée en volume, s’intégrant dans celle Paris – Amiens existante, mais prolongée en totalité jusqu’à Calais, apporte plusieurs modifications de sillons comme l’indique le tableau page suivante qui prévoit des gains de temps découlant du nouveau matériel très performant. Ainsi Paris – Amiens est couvert en 1 heure 07 avec arrêt systématique à Longueau (1 heure 06 voire 1 heure 05 au retour), Paris – Boulogne en 2 heures 27 et Paris – Calais en 3 heures 03. Dans le sens nord – sud Calais et Boulogne sont reliés avec Paris en 2 heures 53 et 2 heures 21. Entre Amiens à Boulogne la desserte continue à faire halte à Abbeville, Noyelles, Rue, Rang-du-Fliers et Étaples-Le Touquet.

La modernité appelle le modernisme

La gare de Longpré à été ouverte le 15 mars 1847, elle reliait Paris à Boulogne sur Mer, elle a été utilisée
jusqu’au 01 juin 1875, date de l’ouverture de la nouvelle gare qui réunissait la ligne du Chemin de fer du Nord et la ligne Frévent à Gamaches.

Cela fera l'objet d'un nouvel article.
La nouvelle gare vers 1875
La nouvelle gare vers 1875
Claude Monet, arrivé d'un trais à la gare Saint Lazare à Paris
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